Quand Valentine se met en… « salova » : tenue traditionnelle malgache !

Pour plus d’originalité cette année, j’ai choisi de troquer les vêtements sensuels pour la Saint-Valentin au profit du salova [ça-lou-và] : tenue traditionnelle malgache, pour faire craquer mon chéri ❤


« Bien que l’attirance soit étroitement liée à l’attitude, il n’est pas rare de constater que les vêtements que nous portons facilitent le jeu de séduction et entretiennent la flamme » (source : mariefrance). C’est justement pour cette raison qu’à l’occasion de la fête des amoureux dernièrement (je n’ai pas pu publier à temps ce billet, mais comme on dit « mieux vaut tard que jamais » et puis nous sommes encore en plein mois de février, mois de l’Amour. En effet, dernièrement nous nous sommes rendus dans le sud de mon île, à Tuléar exactement – non pas pour donner mes cours à l’Université qui sont encore en attente. En fait, je m’y suis déplacée avec ma petite famille pour passer un entretien oral à l’intention de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) de Madagascar – vu que j’ai réussi les épreuves écrites du juillet dernier pour décrocher le poste de chef d’antenne régionale s’occupant de la coordination des activités de cet établissement dans le sud de l’île. C’est un poste à haute responsabilité que je pourrais parfaitement combiner à temps plein avec ma carrière d’enseignante à l’Université de là-bas au moment venu. Pour l’heure, j’attends ce que ça a donné, je croise encore les doigts. Allez trêves de blabla ! Revenons-en à notre mouton égaré), j’ai choisi de porter le salova – tenue traditionnelle malgache pour séduire mon Valentin ❤ J’ai prévu de faire le shooting au bord de la mer lors de notre passage à la plage de Saint-Augustin Tuléar, mais je n’ai pas pu le faire en voulant profiter du moment avec notre bout’d’chou qui s’est vachement régalé de prendre la vague de l’océan en pleine figure (je vous partagerai quelques photos de notre séjour à la mer très prochainement. Mais, pour l’heure, je profite du beau temps de la capitale – après le passage de trois cyclones en l’espace de quelques semaines seulement – pour réaliser quelques clichés. Et c’est parti !)

Envie de tout savoir sur le « salova », tenue traditionnelle malgache ?

Baptisé lambahoany ou encore salovana, le salova – un des costumes traditionnels malgaches – est composé essentiellement de pièce de tissu ou d’étoffe végétale. Ce bout de tissu rectangulaire mesurant 110/160 cm – qui ressemble au paréo, à la pagne… – sert à couvrir toute ou une partie du corps et dont le port par les hommes et les femmes constitue une véritable tradition à Madagascar, mon pays. C’est, en fait, une coutume qui perdure depuis de nombreuses générations issues de différentes régions de la grande île. Les gens des hauts-plateaux portent les lamba landy (ou tissus en soie) pour se couvrir les épaules ou le buste. Les hommes du nord nouent autour de leur hanche le kitamby (appelé aussi pagne ou paréo). Les femmes de l’ouest, du nord et du sud portent en même temps le salova et le kisaly (ce dernier est un bout de tissu de même mesure que le premier) qui sert à couvrir la tête et les épaules. En gros, le salova reste le vêtement emblématique des Malgaches grâces surtout à son côté pratique. En effet, les hommes et les femmes s’en servent encore en sac, couverture voire même porte-bébé… vu qu’il s’adapte à toutes les circonstances de la vie que ce soient les travaux soient les fêtes voire même les deuils…

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Pendant que ces tissus les accompagnent toute leur vie durant pour se protéger contre le froid, la chaleur et les intempéries ; le lambamena (traduit littéralement par tissu rouge, qu’est la couleur de noblesse. En quelques sortes, ce tissu rouge, fabriqué en soie sauvage, sert à embellir les morts) est réservé aux défunts. Nombreux sont les pays d’Afrique (même s’ils sont surtout réputés par leur wax – tissu africain à base de fibre végétale issu de graines de cotonniers transformés en fil) et les îles de l’Océan Indien, comme la Mayotte et les Comores, qui portent le salova comme tenue traditionnelle (d’ailleurs, ce qui m’a « choqué » le plus en écrivant ce billet c’est qu’en lançant des recherches en ligne sur le salova, ça renvoie plus sur des articles qui parlent que ce bout de tissu est une tenue traditionnelle mahoraise. Pourtant, les Malgaches l’avaient porté depuis la nuit des temps, le portent et le porteront encore dans leur vie quotidienne. Preuves que mes compatriotes n’écrivent pas grand-chose là-dessus pour faire connaître notre culture, voilà pourquoi j’ai choisi ce sujet qui me tient vraiment à cœur).

Envie d’une petite histoire ? Jadis, le salova était made in Madagascar à base de coton, mais force est de constater que ces dernières années, ce bout de tissu est importé. Dans la plupart du temps, il est maintenant conçu à base de nylon et de dentelle en provenance des pays asiatiques. Encore fallait-il souligner qu’autrefois, les couleurs, la coupe et les motifs du salova avaient été inspirés de la culture malgache (il portait toujours des dictons en malgache) ; mais maintenant, l’inspiration est de plus en plus indienne, indonésienne et africaine. Du temps de la royauté à Madagascar, pour sceller un accord et fortifier le fihavanana (qui se définit comme étant un lien unissant plusieurs personnes se comportant comme étant des membres d’une même famille), les rois et reines s’offraient des tissus en coton ou en soie. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, un geste perdure : celui d’offrir un salova et un kisaly à une nouvelle venue comme symbole d’amitié et de bienvenue.

Les personnes âgées expliquent que malgré que les femmes portent le salova au quotidien, il y a des salova qui ne se portent que pour les grandes occasions comme les fêtes ou les cérémonies, les décès, les carnavals… A ces aînés de souligner encore que le port de salova inspire respect et mystère. En fait, en portant le salova, les femmes dissimulent leur forme sans pour autant ôter leur beauté. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, car « faute de la mondialisation et donc de la modernité », les femmes d’aujourd’hui dévoilent tout (ou presque) via des tenues modernes et ne portent presque plus le salova ou le portent encore sans vraiment dissimuler leur corps. Elles n’utilisent plus ce bout de tissu comme jadis pour leurs tâches quotidiennes, entre autres, les travaux ménagers, les labeurs dans les champs, les ports de bébé… mais juste pour le plaisir. Les jeunes filles malgaches (de ma génération) ne portent presque plus le salova, car elles le jugent trop… ringard.

Je porte le salova le 14 février, pour déroger à la règle de vêtements sensuels !

Dans l’inconscient collectif, la fête des amoureux est toujours synonyme de robes de soirées voire même de robes sexy. Pourtant, cette année, je n’ai pas du tout hésité à déroger cette fameuse règle pour faire une entrée remarquable – comme les expertes en style voire même les modeuses amatrices ou confirmées – en troquant la très célèbre robe sensuelle contre le salova, tenue traditionnelle malgache. Le message que je veux passer à mon amoureux ❤ en m’habillant ainsi est que même si les dés sont lancés, la partie de séduction n’est pas finie. En fait, ça ne fait que commencer, car porter le salova à l’occasion de la fête des amoureux me donne une allure surdosée de sexy et de décontractée qui plaît à coup sûr à mon Valentin ❤ En un mot, mon but c’est de lui faire tourner la tête via une tenue qui sort de l’ordinaire qu’est le salova, mais qui reste sensuelle.

Pour prolonger encore la fête des amoureux, j’ai choisi de faire le shooting pour la Saint-Valentin assuré par mon chéri ❤ de photographe dehors comme il fait beau en ce moment après le passage des cyclones successifs. Pour cela, j’ai choisi un salova au fond moutarde, marron et jaune poussin qui se marie merveilleusement bien avec ma carnation bronzée par la chaleur du sud de notre île. Parmi les mille et une façons de nouer le salova, j’ai choisi essentiellement de le porter avec mon body moutarde Burberry en le nouant à ma façon. J’ai maquillé naturellement mon visage (par contre, je n’ai pas fait des dessins avec le masonjoany – appelé aussi bois de santal – qui se combine parfaitement avec ce costume traditionnel. Ce bois aux milles vertus, connu sous le nom « Santal de Madagascar », a comme nom scientifique « Santalina Madagascariensis »… Pour tout vous dire en quelques lignes, le Masonjoany peut être utilisé comme masque pour le visage ou en petits dessins faits de petits points serrés sur une ou toute la partie du visage sous formes de fleurs, feuilles, pétales voire même soleil) pour mettre en valeur mes cheveux frisés. Je porte des boucles d’oreilles créoles et des chaussures Pimkie daim couleur rouge très hauts talons. Enjoy !

 

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Mots de la fin…

J’admets que la fête de Saint-Valentin rime souvent avec des habits sexy pour faire sensation à l’être convoité, c’est même devenu une attitude. Cette année, j’ai juste eu envie de déroger à cette fameuse règle en portant le salova : tenue traditionnelle malgache pour séduire mon Valentin ❤ d’une façon originale. Le salova n’est pas qu’un simple bout de tissu banal comme il le paraît, mais c’est carrément un des vêtements emblématiques des Malgaches malgré qu’il tende à disparaître faute de l’évolution.

Déroger à la règle de vêtements sensuels pour le 14 février vous parle-t-il ? Connaissez-vous le salova : tenue traditionnelle malgache ?

Bisous ❤

anita