Jouer l’Indiana Jones au féminin en optant pour une tenue safari !

Depuis ces dernières saisons, la tenue safari ne cesse de séduire les modeuses qui veulent afficher une allure baroudeuse moderne.


Parler de tenue safari revient à parler de la fameuse saharienne, inspirée du vêtement militaire porté par l’armée britannique au 19e siècle en Inde et devenant ainsi l’habit emblématique des fanas de safaris en Afrique dans les années 30. C’est Yves Saint Laurent qui a féminisé cet uniforme masculin dans sa collection « Africaine » du printemps-été 1967 et depuis plusieurs saisons, les créateurs ne cessent de revisiter le style safari afin de rentrer dans les tendances modes du moment. Pour réveiller l’aventurière qui sommeille en moi, j’ai choisi de mettre ma vraie fausse robe saharienne le temps d’une séance photos dans notre jardin pour une ambiance jungle urbaine 🙂

Histoire de la tenue safari : habit des régiments avant… d’atterrir au dressing des modeuses !

La saharienne, à l’origine de la fameuse tenue safari – très tendance dans le monde de la mode féminine en ce moment – était un vêtement réservé seulement aux hommes. En fait, elle était portée officiellement par l’armée britannique en Inde à sa naissance au 19e siècle (c’est l’Army of India, 1903-1947, composé de soldats britanniques stationnés en Inde et de régiments indigènes). Ce fut un uniforme de couleur beige à kaki dont la veste est dotée de quatre poches plaquées et la taille ceinturée (les soldats nouent les pantalons dans leurs rangers). Ensuite, l’Afrikakorps, les divisions blindées allemandes en Afrique du Nord, avaient aussi adopté cette tenue pendant la seconde guerre mondiale. Le but c’est avant tout d’avoir un peu de confort dans l’enfer des déserts libyens et égyptiens durant la guerre, car la saharienne était fabriquée en lin ou en coton à cette époque-là.

Dans les années 1930, la saharienne est devenue le vêtement emblématique des explorateurs qui partent à l’aventure pour des safaris en Afrique. En fait, c’est Ernest Hemingway (le célèbre écrivain prix Nobel de littérature en 1954 et auteur notamment de « Le vieil homme et la mer ») qui a popularisé cette tenue lors de ses nombreux safaris africains essentiellement au Tanganyika, l’actuelle Tanzanie, en 1934 (le but c’est pour un bon camouflage dans la jungle. D’ailleurs, le mot safari, mot swahili signifiant « long voyage » issu de l’arabe « safara » qui signifie « il a voyagé », désigne habituellement une excursion touristique à caractère sportif ou culturel. C’était tout d’abord une expédition d’exploration terrestre avant de devenir un voyage de chasse aux grands gibiers d’Afrique pour désigner, de nos jours,des séjours touristiques dans les parcs nationaux d’Afrique de l’Est – Ouganda, Kenya, Tanzanie – ou d’Afrique australe – Zambie, Zimbabwe, Mozambique, Namibie, Botswana, Afrique du Sud – pour un safari photo ou chasser les animaux sauvages. Le mot safari peut être encore utilisé pour désigner un zoo doté d’animaux en semi-liberté… Source : Wikipédia). Sa tenue a enregistré un succès fou perdant ainsi sa connotation militaire et rebaptisée veste safari. Résultat de l’opération ? Le monde cinématographique s’est emparé de la saharienne vers les années 1950 pour habiller les héros du cinéma comme Clark Gable, Ava Gardner et Grace Kelly dans le film « Mogambo » de John Ford – racontant l’histoire d’un drame amoureux lors d’un safari dans la jungle du Kenya.

Il a fallu attendre 1967 pour que les femmes puissent porter, enfin, la saharienne après qu’Yves Saint Laurent l’ait féminisé dans sa collection « Africaine » du printemps-été. Ce célèbre créateur a ainsi présenté une tenue safari composée d’un blouson d’ocelot, d’une chemise et de leggings. Malgré qu’il y ait eu un modèle baptisé explicitement saharienne de toile beige (paru dans les colonnes de l’influent Magazine Harper’s Bazaar), l’attention de la presse a été retenue essentiellement par les tailleurs pantalons et les premières robes smoking courtes de ce créateur. En fait, la saharienne n’a été qu’un simple élément annexe de ladite collection (et non pas destinée à être intégrée de façon récurrente dans les créations d’YLS). Ce n’est que l’année suivante, soit en 1968, que le Magazine Vogue Paris réalise une série de photos sur le thème du safari via un modèle exemplaire unique hors collection en gabardine de coton – pour mieux s’adapter à la chaleur estivale – réalisé expressément pour ce shooting. Depuis, le succès de la tenue safari est immédiat qui fait qu’Yves Saint Laurent a intégré les tailleurs-pantalons sahariennes comme pièce maîtresse dans sa collection printemps-été 1969. La saharienne est devenue, au fil des années, le vêtement emblématique de la maison Yves Saint Laurent, inspirée directement de l’esprit safari et influencé par l’Afrique. La tenue safari est modernisée au fil du temps par ce créateur et d’autres comme Chanel, Marc Jacobs, Salvatore Ferragamo, Sonia Rykiel, Azzedine Alaïa, Jean Paul Gaultier, Gucci, Alexis Mabille… via différentes déclinaisons (pantalons, robes, shorts…) pouvant être portées par les femmes et les hommes (ce qui a valu une exposition au salon du vintage en 2015 aux créations d’YSL). YSL a rendu cette tenue du vestiaire masculin plus sexy que jamais via un décolleté et une ceinturée à la taille suivant une tonalité très douce (beige sable ou caramel ou encore blanc), comme née de la terre (ocre ou marron), sinon sortie de la forêt (vert profond ou kaki) ou tombée du ciel un soir d’orage (bleu).

Comment porter la tenue safari pour vous la jouer aventurière moderne ?

Ça fait plusieurs saisons que la tenue safari s’affiche sur le devant de la scène comme une des tendances la plus cool du moment. Les baroudeuses modernes se laissent séduire par cette tenue masculin féminisée par Yves Saint Laurent, car elle se décline dans tous les styles : pantalons, combinaison, robe, jupe, short et j’en passe. Elle peut être adoptée par toutes les morphologies pour une allure à la fois chic et sauvage.

La première règle de jeu à respecter c’est le bon choix de tenue safari. Quel que soit votre goût, vous devez privilégier les coupes droites et tombées fluides pour vous assurer un style mi-aventurier et mi-urbain. Au cas où vous ne savez pas quelle pièce saharienne shopper, sachez tout de même que la veste safari est un des incontournables de la saison. Les fanas de robes n’ont qu’à privilégier une petite robe saharienne. Sinon, les pantalons cargo font aussi des ravages depuis plusieurs saisons. Celles qui ne peuvent pas se passer des shorts vont être ravies d’avoir des bermudas qui vont avec des hauts amples et fluides. Sont très tendances en ce moment les le safari version pop, minimaliste et grand soir.

La deuxième règle concerne les couleurs tendances mode safari. La it-couleur c’est le beige, mais vous pouvez encore vous pencher sur le kaki, le marron, le blanc et le bleu. En fait, ces couleurs ont été choisies à l’origine pour que les expéditeurs partant en safari se fondent dans le décor des jungles partant à la découverte de la faune et de la flore du monde entier. Votre choix de couleur doit s’inscrire ainsi dans une palette chromatique neutre allant du beige au kaki pour une ambiance jungle urbaine. Cela ne vous empêche tout de même pas de choisir des sahariennes imprimées tigrés et zébrés reine du désert que vous êtes.

La règle suivante touche le choix des matières de votre tenue safari. Le but c’est d’afficher une allure baroudeuse tout en restant élégante. Du coup, tâchez de privilégier les fibres naturelles comme le lin, la soie, la laine, le coton, le veau velours, le chanvre et le raphia. Fallait-il encore souligner que vous devez choisir des tissus légers, mais rigides pour que votre silhouette soit bien élancée. C’est seulement avec une telle matière que la coupe droite de votre tenue safari donne une tombée fluide. En outre, pour ajouter du cachet à votre look, n’hésitez pas à adopter tous les jeux de texture via une petite touche de macramé, broderie, mailles ajourées…

Un dernier détail ? Ceci touche les accessoires et le maquillage qui s’accordent avec le look safari. Côté accessoires, ce style s’accorde parfaitement avec des sandales en été, mais aussi des bottes à talons en hiver. Les mannequins défilant sur le tapis rouge ont opté pour des micro-sacs, mais sachez que tous les sacs sont admis en style safari à condition que votre choix s’accorde avec votre tenue. N’oubliez pas de ceinturer votre taille, de porter un chapeau en paille s’il fait chaud, d’opter pour des boucles d’oreilles et colliers maxi. Enfin, pour ce qui est du make-up, sachez que le nude et le naturel sont de rigueur. Vous pouvez unifier votre teint tout en rehaussant vos pommettes et appliquant une bouche rouge passion. Côté cheveux, pour jouer les aventurières urbaines, craquez pour une coiffure ébouriffée légèrement sauvage. Sinon pour un style plus sophistiqué, vous pouvez adopter la tresse amazone.

Ma vraie fausse robe saharienne « upgrade » la tenue safari !

L’idée d’écrire cet article m’est venue en tête quand je vous ai parlé de la révision dans le jardin – un endroit bien oxygéné idéal pour ce genre d’activités, car il aide à gagner en concentration, en énergie, en efficacité et, pas que. En fait, le côté sauvage de notre jardin m’a donné qu’une seule envie : celle de jouer l’Indiana Jones au féminin le temps d’un shooting photos – assuré par mon chéri ❤ de « photographe en herbe » – en rendant hommage à la saharienne, l’emblème de la tenue safari. Du coup, j’ai sorti de mon dressing cette vraie fausse robe saharienne qui me plaît d’amour : couleur beige, pas de poches plaquées, mais bien ceinturée à la taille. Je l’ai porté avec ma jolie paire de boots marron clair et mon sac seau marron foncé. J’ai rajouté quelques accessoires comme mes lunettes de soleil motif tigré, des grosses boucles d’oreilles créoles… pour bien jouer le tour. En un mot, le côté jungle de notre jardin et le style de ma robe ont su réveiller l’aventurière moderne qui sommeille en moi. Enjoy !

Mots de la fin…

Ça fait quelques saisons que la tenue safari signe un big come-back dans le monde de la mode après qu’Yves Saint Laurent ait féminisé la saharienne – tenue militaire à l’origine – dans sa collection printemps-été 1967. Ladite tenue se décline en pantalon, robe, jupe, short, combinaison… pour le grand bonheur des modeuses. J’ai choisi de me la jouer Indiana Jones au féminin en enfilant ma vraie fausse robe safari couleur beige façon épaules dénudées, sans poches plaquées et ceinturée à la taille pour vous révéler ma côté baroudeuse dans la jungle urbaine qu’est notre jardin.

La saharienne, l’it-pièce qui upgrade la tenue safari, figure-t-elle dans votre garde-robe de fashionistas ?

Bisous ❤

Anita