Je rebaptise ma page « Cuisine » en… « Food Porn » !

Le food porn, terme inventé par l’américaine Rosalind Coward en 1984 dans son livre « Female Desire (…) », devient un phénomène culinaire et social très en vogue ces dernières années grâce aux réseaux sociaux comme les… blogs.


Apparu pour la première fois aux Etats-Unis dans l’ouvrage de Rosalind Coward intitulé « Female Desire : Women’s Sexuality Today » en 1984, le terme food porn a été inventé par cette auteure pour parler justement de la pornographie alimentaire, comme son nom l’indique (ça fait juste quelques jours de cela que j’ai entendu parler pour la première fois de ce terme en suivant une émission culturelle sur la chaîne France 2). En fait, ce culte à la nourriture n’est rien d’autre qu’une représentation visuelle de repas ou de plat – prônant un excès de gras et de calories pour donner envie de manger ou devenir un substitut au sexe – sur les réseaux sociaux (très en vogue essentiellement sur Instagram, Twitter) comme les blogs, les médias visuels pour des émissions culinaires, les publicités des industries agroalimentaires sous toutes ses formes… Depuis que j’ai découvert ce fameux concept, l’idée de rebaptiser ma page « Cuisine » en « #FoodPorn » m’est venu naturellement en tête, car contrairement aux blogueuses.eurs culinaires, je ne concocte pas des recettes en tant que telles, mais j’aime juste photographier les jolis plats que je réalise pour ma petite famille (du coup, dorénavant, je vais me mettre à des photographies culinaires provocantes à la manière des « photographies sexy ou pornographiques » – c’est ce qui définisse d’ailleurs le food porn (source : Wikipédia) ; qui m’a poussé à refaire le contenu de ma page càd supprimer mes anciennes photos de plats et textes contenant cette page pour en refaire de nouvelles photos respectant ledit concept).

A visiter :

Ma Page #FoodPorn

Envie de tout savoir sur le concept de food porn ?

De prime abord, l’association de deux mots anglais définissant ce fameux concept paraît étrange (le mot « food » qui veut dire nourriture associé au vocable « porn » signifiant pornographie), mais une fois bien expliqué ; le terme food porn prend un vrai sens. Pour une bonne compréhension et maîtrise de ce terme très à la mode actuellement dans le monde culinaire, le #FoodPorn consiste à ne photographier que de jolis plats (il faut qu’ils attirent les yeux via des couleurs excitantes) pour une publication, essentiellement, sur réseaux sociaux (y compris les blogs), mais aussi d’autres canaux d’informations comme les télévisions, les affiches publicitaires… Ainsi, rassurez-vous, car le food porn n’a rien à voir à la pornographie, il s’en inspire fortement tout en y empruntant de nombreux codes à travers des visuels plus que spectaculaires jouant ainsi sur l’excès voire même l’obscène pour exciter le désir et l’appétit (comme dans le cadre de sexe, voilà pourquoi l’utilisation de ce terme). Bref, le but des foodies (que sont des amateurs de bonne cuisine) est de photographier de jolis plats réalisés par eux-mêmes ou servis par des restaurateurs pour publication sur réseaux sociaux (ce qui fait que ces dernières années, ce concept, envahissant complètement le monde, est devenu une opportunité marketing pour les restaurateurs qui deviennent carrément des foodpornstars ou des stars de porn food en français). Effectivement, ces amateurs de bonne bouffe immortalisent et magnifient leurs photos culinaires sous un éclairage flatteur dans le but d’exciter nos papilles. Du coup, les plats et nourritures ainsi photographiés deviennent irréalistes comme le sont les images pornographiques, car ils sont starifiés, magnifiés voire même sublimés à travers des filtres pas possible. Résultat de l’opération ? Notre estime de soi passe parfois par la beauté des plats que nous ingurgitons (propos d’un journaliste américain). Et, c’est vraiment l’esprit de foodporn.

Mais quel est la vraie origine de ce fameux concept ? En 1977, le terme « Gastro Porn » a été utilisé pour la première fois par le New York Review of Books pour critiquer le nouveau livre de cuisine de Paul Bocuse (via un compte rendu) enrichi de photos de plats bien léchés (ce livre est intitulé « La Cuisine Du Marché », édité par France Loisirs en 1977. Dans 504 pages, Paul Bocuse, un des meilleurs restaurateurs de France, retrace des recettes prestigieuses aux bons plats traditionnels dans un grand livre d’or de la cuisine française). Le mot #GastroPorn est ainsi révélateur de nouveau concept qui associe la gastronomie (c’est-à-dire la cuisine) au désir érotique (d’où le mot porn).

GastroPorn désigne un livre ou un magazine contenant des images de nourriture alléchante provoquant deux effets simultanés : d’abord l’envie profonde de se hurler « Oh Oui, j’en veux encore !!! », suivi d’un sentiment de culpabilité en raison de cette accumulation d’images dégoulinantes de gourmandise. (Source : Urban Dictionary)

En 1984, le terme «Food Porn » est apparu pour la première fois dans le livre de poche écrit par l’américaine Rosalind Coward intitulé « Female Desire : Women’s Sexuality Today » édité par HarperCollins. Cette auteure et journaliste explique que food pornography ou la pornographie alimentaire est la manière dont les magazines et revues féminines (je cite) « mettent en valeur la nourriture grâce à des photos magnifiquement éclairées et très retouchées ». Pas étonnant que ces images provoquent un sentiment de plaisir interdit comme l’est la pornographie (à la fois plaisant et culpabilisant). Dans la page 103 dudit livre, elle écrit :

Cuisiner des aliments et les présenter de manière esthétique est un acte de servitude. C’est une manière d’exprimer son affection à travers un don… Le fait que nous aspirions à produire des aliments parfaitement bien préparés et présentés témoigne d’une participation volontaire et enthousiaste au service des autres. La pornographie alimentaire étaye parfaitement ces interprétations relatives à la préparation des aliments. (source : Wikipédia) 

Ce terme utilisé principalement aux Etats-Unis ne fait pas du tout allusion au porno, mais désigne essentiellement les aliments à forte teneur en matière grasse et à fort potentiel d’obstruction des artères. En gros, la malbouffe est devenue le nouveau porno.

Au cours des années 80 et 90, le terme food porn s’est vulgarisé, pas seulement aux Etats-Unis (avec le fast food ou restauration rapide dont les précurseurs sont les frères Richard et Maurice McDonald. Ils ont ouvert leur premier restaurant, en 1937, en Californie portant leur nom de famille : McDonald’s ou McDo qui s’utilise jusqu’au jour d’aujourd’hui dans leurs restaurants implantés un peu partout dans le monde. Cette restauration rapide propose essentiellement des burgers, le symbole de la malbouffe), mais aussi au Royaume-Uni (grâce à l’émission culinaire « Two Fat Ladies » de la BBC2 mettant en vedette Clarissa Dickson Wright et Jennifer Paterson. À l’origine, il a duré quatre séries, de 1996 à 1999, produites par Optomen Television pour la BBC). Au cours de ces périodes, les spots publicitaires vantent les mérites d’un chocolat, d’un café ou d’un simple sandwich d’une façon très esthétique via des courbes, formes et textures quasi-érotiques (tel est le cas des publicités pour le fromage Caprice des Dieux, du chocolat Nestlé avec le slogan « Nestlé, c’est fort en chocolat » ou encore du jus de fruits Joker mettant en scène une femme dénudée au bord d’une piscine…)

Ces dernières années, le food porn est devenu carrément un phénomène sociétal – mais non plus seulement un phénomène culinaire – grâce à l’apparition des réseaux sociaux comme Instagram, Facebook, Twitter, Pinterest… et l’arrivée de nouvelles technologies de plus en plus performantes. Figurez-vous que certains appareils photos numériques vont jusqu’à proposer des réglages spécifiques pour les photos de plats pour que celles-ci soient plus vivaces, colorées et détaillées que jamais. Tout ça parce que le concept de food porn repose non pas sur le plaisir gustatif lui-même, mais surtout sur le plaisir visuel qui provoque une excitation, une envie voire même une fascination (pareil que l’excitation provoquée par les images pornographiques). Ce qui fait que plus les photos de bouffes font saliver, plus elles font l’objet de shares et likes sur réseaux sociaux. Force est ainsi de constater que la valeur d’un plat concocté par un restaurateur ne se calcule plus en fonction des recettes et techniques qu’il a utilisé pour concocter ledit plat, mais des likes, partages et commentaires attribués à ce plat sur réseaux sociaux. Ce qui fait, en quelques sorte, que les clients de ces restos deviennent des ambassadeurs et les restaurateurs, à leur tour, jouissent d’une opportunité commercial et marketing qu’occasionne ce phénomène (justement, le restaurant éphémère The Picture House à Londres a proposé à ses clients de payer l’addition via des… photos de plats à publier sur Instagram avec le hashtag #BirdsEyeInspiration qui a enregistré un fort succès). Par conséquent, nombreux sont les restaurateurs/chefs qui cherchent à tout prix, maintenant, à devenir des foodpornstars. Or, la question qui se pose est : « comment devenir star du food porn ? » Eh ben, le seul secret c’est d’intégrer ce fameux concept dans votre branding et vos supports marketing en concoctant des belles images et petites vidéos de plats avec des contenus de qualité pour publicités et partages sur réseaux sociaux.

Publier des photos de nourritures/plats sur réseaux sociaux est devenu une des normes de la vie des jeunes générations du monde entier d’aujourd’hui. En chiffres, ce phénomène touche près de 63% de la population âgée de 13 à 30 ans qui s’acharne à poster leurs plats sur social media alors qu’ils sont en train de manger (source : Etude de YPulse). Vous serez surpris encore si je vous dis que le nombre de photos culinaires portant le hashtag #FoodPorn atteint presque un chiffre record de 90 millions (source : Wikipédia) ces temps-ci. Pourtant, Instagram bat le record en 2017 avec quelques 250 millions de posts tagués #Food. En 2018, les emojis pizzas, gâteaux et icecream étant les plus tweetés dans le même domaine jusqu’au traditionnel magret de canard et la fameuse raclette. Au fur et à mesure où le concept de food porn prenne de l’ampleur, il ne se place pas seulement sur les mets bourrés de gras, mais encore fallait-il rajouter dans la liste les hashtags :

  • #JunkFood. Les nourriture dégoulinantes, grasses et caloriques.
  • #DudeFood. Le plaisir de partager un moment culinaire entre copains.
  • #ComfortFood. Des plaisirs gustatifs souvent sucrés, très facile d’accès, presque régressifs.
  • #NaiveFood. Des aliments naïfs, voire enfantins.
  • #ArtFood. Des ingrédients utilisés comme support d’une forme d’art.
  • #HealthyFood. De la nourriture présentée sous le caractère sain des produits.
  • #DietFood. Des nourritures peu caloriques, mais appétissantes.
  • #RawFood. Un produit brut mis en valeur.
  • #RecipeFood. Plusieurs ingrédients mis en compartiments bien avant la création d’une recette (source : Dupont Lewis).

Quels contenus pour ma page « Cuisine » renommée en… « #FoodPorn » ?

Maintenant que le concept de food porn n’a plus aucun secret pour moi (pour vous) ; je vais m’y lancer à fond en rebaptisant ma page « Cuisine » en « #FoodPorn ». Depuis 2018, année durant laquelle j’ai ouvert ladite page sur mon blog, j’ai toujours ressenti un vide quand je l’alimente, car mon idée n’est pas de concurrencer les blogs culinaires, mais présenter les plats que je réalise chez moi pour ma petite famille. Du coup, depuis que j’ai découvert récemment ce concept, je me disais « c’est celui qui me parle le plus, mais non pas… cuisine ». Voilà pourquoi dorénavant, ma page s’appelle foodporn et non plus cuisine, car je ne vais plus présenter un plat en décrivant les ingrédients nécessaires et les étapes de cuisson. Je vais juste « me contenter » de photographier mes jolis plats gourmands fait maison tout en y insérant le hashtag #FoodPorn et inscrivant une brève description pour publication directe sur cette nouvelle page et sur Facebook, si le temps me le permets (cette page comportera encore des photos culinaires lors de nos sorties restos en famille dans la capitale ou en voyage un peu partout dans l’île et pourquoi pas dans un futur proche à l’étranger ?) Bref, il y aura deux catégories d’images sur ma page :

  • Plats que j’ai concoctés moi-même chez moi comme ces :
  • Plats que nous mangeons dehors (aux restaurants, en famille…)
  • Plats à base de riz qu’est l’alimentation de base de la population malgache.

En ce moment, je suis très heureuse de vous annoncer la célébration du 6e anniversaire de mon Blog Femme & Infos :

Mon bébé blog a 6 ans ! Longue vie à toi !

Au cas où vous voulez me proposer un partenariat dans le cadre du #FoodPorn, n’hésitez pas à visiter la page dédiée à cet effet ou m’envoyer un message via le formulaire suivant :

Mots de la fin…

L’idée de rebaptiser ma page « Cuisine » en « FoodPorn » m’est venue en tête depuis que j’ai découvert très récemment ce fameux concept via une émission culturelle à la télévision. Il se résume sur le fait de photographier de jolis plats – provoquant une excitation – à publier sur réseaux sociaux avec le hashtag #foodporn et qui me parle beaucoup, car je ne veux pas présenter des recettes comme le font les blogueuses.eurs culinaires, mais je veux juste partager les belles photos de plats que je réalise chez moi et que je mange ailleurs. Par contre, en me lançant dans ce concept, je vais essayer de lutter contre la malbouffe qu’il véhicule, en photographiant pas forcément des plats bourrés de gras et de calories, mais qui peuvent être sains et riches en visuels.

Avez-vous déjà entendu parler du food porn et que pensez-vous de ce fameux concept ?

Bisous ❤

Anita

11 commentaires sur « Je rebaptise ma page « Cuisine » en… « Food Porn » ! »

  1. Bonjour Anita,
    Nous ne vivons pas au même endroit et ne sommes pas de la même génération, de plus je ne suis pas absolument fascinée par tout ce qui vient d’Outre Atlantique pour moi… alors merci à toi de m’avoir expliqué les termes culinaires et pratiques des influenceuses à la mode 😉
    Il est sûr que « porn » attire et fait vendre, mais je suis très déçue devant une jolie photo non accompagnée de la recette, personnellement je n’y retourne pas… mais je le répète… je suis un dinosaure !
    Par contre, j’ai appris il y a quelques temps que ma façon de cuisiner pour la semaine (quand j’étais en activité) de mettre ensuite dans des boîtes au réfrigérateur s’appelle « batch cooking » et je suis contente de constater que tout comme Mr Jourdain en son temps, je faisais de la prose sans le savoir ! 😉
    Belle journée à toi ! ♥

    Aimé par 3 personnes

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